Frais et fiscalité peuvent réduire un placement plus qu’on ne le pense, année après année

Un support financier n’est pas une enveloppe : livrets, actions, obligations, fonds et immobilier se comparent sur le risque, la disponibilité et l’horizon de placement.

Gilles Chaumeil Par Gilles Chaumeil
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Frais et fiscalité peuvent réduire un placement plus qu’on ne le pense, année après année
Des pièces tombent dans un bocal en verre ouvert, image d’épargne qui illustre le thème des placements.

En bref

  • Un support financier est l’outil dans lequel l’argent est placé, à distinguer de l’enveloppe qui l’abrite.
  • Chaque support se juge sur trois critères : risque, disponibilité et horizon de temps.
  • Diversifier consiste à combiner des supports aux comportements différents.

Placer de l’argent commence par une question de vocabulaire : le support financier désigne ce dans quoi l’argent est réellement investi, qu’il s’agisse d’un compte rémunéré, d’une action, d’une obligation, d’un fonds ou d’un bien immobilier. Il ne faut pas le confondre avec l’enveloppe, c’est-à-dire le cadre juridique et fiscal qui le contient, comme une assurance vie ou un plan d’épargne en actions. Une même enveloppe peut accueillir plusieurs supports, et un même support peut se loger dans plusieurs enveloppes.

Les grandes familles de supports

On regroupe généralement les supports en quelques catégories, chacune avec une logique propre.

  • Les supports de trésorerie (livrets, comptes à terme) privilégient la disponibilité et la stabilité du capital. Leur rémunération reste en général modeste et dépend des conditions fixées par l’établissement ou la réglementation.
  • Les obligations correspondent à un prêt consenti à un État ou à une entreprise. Elles versent des intérêts, mais exposent à un risque de défaut de l’émetteur et à des variations de valeur si on les revend avant l’échéance.
  • Les actions donnent une part du capital d’une entreprise. Elles peuvent offrir un potentiel de gain plus élevé sur la durée, au prix de fortes fluctuations et d’une possible perte en capital.
  • Les fonds (OPC, ETF, fonds à capital garanti ou fonds investis en unités de compte) mutualisent plusieurs titres. Ils permettent de répartir le risque, mais comportent des frais de gestion qu’il faut lire attentivement.
  • L’immobilier, en direct ou via des véhicules collectifs, repose sur un actif tangible. Il est moins liquide, car vendre prend du temps, et implique des frais d’acquisition et d’entretien.

Trois critères pour comparer

Plutôt que de chercher le « meilleur » support, mieux vaut les confronter à ses propres besoins selon trois axes.

Le risque

Il désigne la possibilité que la valeur du placement baisse, voire que le capital soit entamé. Un support peut être très stable sans être protégé contre l’inflation, qui grignote le pouvoir d’achat. À l’inverse, un support volatil peut convenir à celui qui accepte de voir sa valeur osciller.

La disponibilité

Elle mesure la rapidité avec laquelle on peut récupérer son argent, et à quel coût. Certains supports se vendent en un clic, d’autres imposent un préavis, des pénalités ou une durée de blocage. Ce critère compte surtout pour l’argent dont on pourrait avoir besoin à court terme.

L’horizon de placement

C’est la durée pendant laquelle on peut se passer des fonds. Plus l’horizon est long, plus il est possible d’absorber les fluctuations d’un support risqué. Un projet proche appelle au contraire des supports plus stables, car il laisse peu de temps pour compenser une baisse.

Frais et fiscalité, deux paramètres à ne pas oublier

Un support se juge aussi sur son coût : frais d’entrée, frais de gestion annuels, frais d’arbitrage ou de courtage. Ces prélèvements, parfois discrets, réduisent le résultat final année après année. La fiscalité varie, elle, selon le support et l’enveloppe choisie ; elle peut porter sur les intérêts, les plus-values ou les revenus distribués. Il est donc utile de vérifier les règles en vigueur au moment de la décision, car elles évoluent.

Diversifier plutôt que choisir un seul support

La diversification consiste à répartir son capital entre des supports qui ne réagissent pas de la même manière aux événements économiques. L’idée n’est pas d’éliminer le risque, ce qui est impossible, mais d’éviter qu’un seul incident pèse sur l’ensemble du patrimoine. Elle se pense aussi à l’intérieur d’une même famille : plusieurs entreprises, plusieurs secteurs, plusieurs zones géographiques.

Une démarche simple consiste à définir d’abord une réserve disponible pour les imprévus, puis à affecter le reste en fonction de chaque projet et de sa date d’échéance. Pour approfondir le sujet, le média propose un article de fond sur les types de supports financiers.

Aucun support ne promet de résultat certain : les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Pour une situation personnelle, l’avis d’un professionnel agréé permet d’ajuster ces principes à son profil.

Photo : Nataliya Vaitkevich / Pexels

Gilles Chaumeil

Épargne, bourse, immobilier, crédit et fiscalité

Gilles Chaumeil

Gilles Chaumeil a longtemps tenu la comptabilité d'une petite entreprise familiale de menuiserie en Saône-et-Loire, ce qui lui a appris à lire une feuille d'impôt et un relevé de contrat d'assurance vie sans se laisser impressionner. Il écrit pour Placer Son Argent sur la fiscalité des particuliers, l'assurance vie et les placements alternatifs, toujours à partir de cas concrets. Il passe ses week-ends dans son potager et ne s'est toujours pas résolu à jeter ses vieux relevés de compte.