Pourquoi près d’un Français sur deux épargne par crainte pour l’avenir
Une question inédite sur la dette publique, ajoutée au sondage OpinionWay pour FAIR et France Active, place la crainte fiscale loin derrière l’avenir.
En bref
- 22 % des sondés prévoient d’épargner plus en 2027 pour se préparer à une éventuelle hausse de la fiscalité.
- 48 % épargnent par crainte pour l’avenir et 17 % pour la retraite.
- Les 18-24 ans placent l’impact social en tête de leurs critères, contre 7 % des 50 ans et plus.
- La Semaine de la Finance Solidaire 2026 se tiendra du 9 au 15 novembre.
Faut-il épargner davantage en 2027 par peur d’un alourdissement fiscal lié à la dette ? Dans le sondage annuel mené par OpinionWay sur l’épargne solidaire pour FAIR et France Active, présenté par MoneyVox, 22 % des Français citent cette inquiétude pour expliquer qu’ils comptent mettre plus d’argent de côté l’an prochain. La question portait sur les raisons d’épargner davantage en 2027 que cette année, et la réponse retenue évoque « une hausse éventuelle de la fiscalité destinée à rembourser la dette publique ». Il s’agit d’une crainte déclarée par les sondés, pas d’un fait établi.
Cette interrogation sur le financement de la dette publique par l’épargne n’existait pas auparavant : FAIR et France Active l’ont introduite dans cette 5e édition. L’enquête est publiée à l’approche de la Semaine de la Finance Solidaire 2026, qui occupera les journées du 9 au 15 novembre.
Pourquoi les Français mettent de l’argent de côté
La peur fiscale n’est pas le premier moteur de l’épargne : d’autres motivations la devancent nettement. Près de la moitié des Français épargnent par crainte pour l’avenir, et un tiers le font pour accélérer la réalisation de projets immobiliers, de voyages ou d’études. La préparation de la retraite arrive derrière, avec une part plus modeste de répondants.
Patrick Sapy, directeur général de FAIR, le collectif de la finance solidaire, résume l’état d’esprit général : dans le contexte actuel, les Français voient majoritairement leur épargne comme un rempart face à l’incertitude. Il ajoute que les nouvelles générations y voient aussi une contribution aux enjeux de société.

Un clivage de générations
Le choix d’un produit d’épargne ne répond pas aux mêmes priorités selon l’âge. Pour 30 % des 18-24 ans, l’impact social et environnemental est le premier critère ; c’est le cas de 22 % des 25-34 ans, contre 7 % seulement chez les 50 ans et plus. Les générations les plus âgées placent d’abord la sécurité du capital et sa disponibilité, tandis que les plus jeunes intègrent beaucoup plus fortement la dimension sociale et environnementale dans leurs arbitrages.
L’étude OpinionWay décrit cet écart ainsi : « L’impact social et environnemental de l’épargne constitue un marqueur générationnel de plus en plus net ». Quant aux causes que les sondés seraient prêts à soutenir avec leur épargne, la transition écologique arrive en tête, devant le lien social puis la réduction des inégalités.
Épargne solidaire : un déficit d’information
Comme chaque année, 63 % des Français jugent qu’ils connaissent mal les produits d’épargne solidaire. Les deux responsables associés à l’enquête évoquent chacun un levier pour élargir l’accès à ces placements.
- L’épargne salariale : selon Pierre-René Lemas, président de France Active, environ 11 millions de salariés en bénéficient, tandis que 17 millions en restent exclus. Il dit vouloir en faire un dispositif progressivement universel.
- L’assurance-vie : Patrick Sapy la présente comme le placement financier préféré des Français, qui devrait être mieux mobilisé au service de l’impact social et écologique.
Pierre-René Lemas formule l’enjeu ainsi : « L’épargne solidaire ne changera véritablement d’échelle que si elle devient accessible à tous. » Il souhaite que chacun puisse, via l’épargne salariale comme l’assurance-vie, consacrer une part de son épargne au financement de projets à impact social et environnemental. Sur le versant salarial, notre article sur la collecte de l’épargne salariale apporte des données complémentaires.
Photo : Dovis / Pexels