Épargne

L’intéressement tire la collecte de l’épargne salariale, la participation stagne

Portés par l’intéressement et la hausse des marchés, les plans d’entreprise attirent davantage de versements, mais les retraits progressent eux aussi.

Gilles Chaumeil Par Gilles Chaumeil
3 min de lecture
L’intéressement tire la collecte de l’épargne salariale, la participation stagne
Des personnes examinent des documents papier autour d’une table en bois, avec une tablette posée à proximité.

En bref

  • Les encours atteignent 250,8 milliards d’euros à fin juin, selon l’AFG.
  • 17,2 milliards d’euros ont été versés au premier semestre, en hausse de 5,6 % sur un an.
  • Les rachats montent à 12 milliards d’euros, contre 11,1 milliards un an plus tôt.
  • L’AFG souhaite généraliser les PER collectifs dans les entreprises de plus de 10 salariés.

Au premier semestre 2026, les plans d’épargne salariale et de retraite collective ont dépassé pour la première fois 250 milliards d’euros d’encours en France, d’après l’Association française de la gestion financière (AFG).

Un record nourri par les versements et par la Bourse

250,8 Md€d’encours au premier semestre 2026
+13,6 %par rapport à l’an dernier
13,6 millionsd’épargnants équipés

Comme le rapporte Moneyvox, l’étude semestrielle de l’AFG, organisation qui fédère les professionnels français de la gestion d’actifs, attribue cette croissance à deux leviers. D’un côté, les flux nets, autrement dit l’argent frais déposé sur les plans. De l’autre, un effet de marché favorable : la valeur des actifs déjà détenus a progressé. Le record ne mesure donc pas seulement l’effort d’épargne des salariés, il reflète aussi la bonne tenue des marchés sur la période.

D’où vient l’argent et où il est logé

L’épargne salariale désigne un dispositif d’épargne collective proposé par l’entreprise. Les sommes y arrivent par quatre canaux : la participation, l’intéressement, l’abondement versé par l’employeur et les versements volontaires du salarié.

Elles rejoignent ensuite deux grandes familles d’enveloppes. Le plan d’épargne d’entreprise (PEE) immobilise l’argent pendant cinq ans. Le plan d’épargne retraite collectif (PER, ou l’ancien PERCO) le garde jusqu’au départ en retraite, avec des cas de sortie anticipée prévus. Côté supports, la majeure partie des encours est placée en actionnariat salarié, c’est-à-dire en titres de l’entreprise qui emploie l’épargnant.

Ce qui a alimenté les plans ce semestre

Sur six mois, 17,2 milliards d’euros ont été versés, soit 5,6 % de plus qu’un an auparavant. Les produits orientés vers la retraite en ont capté 3 milliards, une collecte en progression de 7,2 %. Le détail par origine montre un moteur nettement dominant.

Deux collègues examinent ensemble des documents papier à une table de bureau, devant un tableau blanc.
Photo d’illustration. Deux collègues examinent des documents à une table de travail, dans un bureau. Photo : Tima Miroshnichenko / Pexels
Source des versements Montant Évolution sur un an
Intéressement 6,7 milliards d’euros +10,4 %
Participation 5,2 milliards d’euros +0,5 %
Abondement des entreprises 3,0 milliards d’euros +6,3 %

L’intéressement est à la fois la première source et celle qui accélère le plus, tandis que la participation reste quasiment stable.

Qui épargne, et combien

Les dispositifs équipent 453 600 entreprises. Dans celles-ci, environ trois salariés sur quatre détiennent des avoirs sur leur plan, pour un montant moyen de 17 700 euros selon l’AFG. Ce chiffre moyen donne un ordre de grandeur, utile pour situer son propre plan par rapport à l’ensemble des titulaires.

Pour un salarié, ces repères rappellent qu’un plan d’entreprise mêle des sommes encore immobilisées et d’autres déjà libérées, ce qui se vérifie directement sur son relevé. Les mécanismes de base sont détaillés dans notre article pourquoi penser à l’épargne salariale.

Le PER collectif pour toutes les entreprises de plus de 10 salariés

Forte de ces résultats, l’AFG défend une extension du PER collectif : elle souhaite le rendre systématique dans toutes les entreprises comptant plus de 10 salariés. L’organisation y voit un moyen pour chaque salarié d’accumuler, au fil de sa carrière, un capital venant s’ajouter à sa pension issue du régime par répartition. Il s’agit à ce stade d’une proposition portée par la profession, pas d’une mesure adoptée.

Photo : Kampus Production / Pexels

Gilles Chaumeil

Épargne, bourse, immobilier, crédit et fiscalité

Gilles Chaumeil

Gilles Chaumeil a longtemps tenu la comptabilité d'une petite entreprise familiale de menuiserie en Saône-et-Loire, ce qui lui a appris à lire une feuille d'impôt et un relevé de contrat d'assurance vie sans se laisser impressionner. Il écrit pour Placer Son Argent sur la fiscalité des particuliers, l'assurance vie et les placements alternatifs, toujours à partir de cas concrets. Il passe ses week-ends dans son potager et ne s'est toujours pas résolu à jeter ses vieux relevés de compte.