L’intéressement tire la collecte de l’épargne salariale, la participation stagne
Portés par l’intéressement et la hausse des marchés, les plans d’entreprise attirent davantage de versements, mais les retraits progressent eux aussi.
En bref
- Les encours atteignent 250,8 milliards d’euros à fin juin, selon l’AFG.
- 17,2 milliards d’euros ont été versés au premier semestre, en hausse de 5,6 % sur un an.
- Les rachats montent à 12 milliards d’euros, contre 11,1 milliards un an plus tôt.
- L’AFG souhaite généraliser les PER collectifs dans les entreprises de plus de 10 salariés.
Au premier semestre 2026, les plans d’épargne salariale et de retraite collective ont dépassé pour la première fois 250 milliards d’euros d’encours en France, d’après l’Association française de la gestion financière (AFG).
Un record nourri par les versements et par la Bourse
Comme le rapporte Moneyvox, l’étude semestrielle de l’AFG, organisation qui fédère les professionnels français de la gestion d’actifs, attribue cette croissance à deux leviers. D’un côté, les flux nets, autrement dit l’argent frais déposé sur les plans. De l’autre, un effet de marché favorable : la valeur des actifs déjà détenus a progressé. Le record ne mesure donc pas seulement l’effort d’épargne des salariés, il reflète aussi la bonne tenue des marchés sur la période.
D’où vient l’argent et où il est logé
L’épargne salariale désigne un dispositif d’épargne collective proposé par l’entreprise. Les sommes y arrivent par quatre canaux : la participation, l’intéressement, l’abondement versé par l’employeur et les versements volontaires du salarié.
Elles rejoignent ensuite deux grandes familles d’enveloppes. Le plan d’épargne d’entreprise (PEE) immobilise l’argent pendant cinq ans. Le plan d’épargne retraite collectif (PER, ou l’ancien PERCO) le garde jusqu’au départ en retraite, avec des cas de sortie anticipée prévus. Côté supports, la majeure partie des encours est placée en actionnariat salarié, c’est-à-dire en titres de l’entreprise qui emploie l’épargnant.
Ce qui a alimenté les plans ce semestre
Sur six mois, 17,2 milliards d’euros ont été versés, soit 5,6 % de plus qu’un an auparavant. Les produits orientés vers la retraite en ont capté 3 milliards, une collecte en progression de 7,2 %. Le détail par origine montre un moteur nettement dominant.

| Source des versements | Montant | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Intéressement | 6,7 milliards d’euros | +10,4 % |
| Participation | 5,2 milliards d’euros | +0,5 % |
| Abondement des entreprises | 3,0 milliards d’euros | +6,3 % |
L’intéressement est à la fois la première source et celle qui accélère le plus, tandis que la participation reste quasiment stable.
Qui épargne, et combien
Les dispositifs équipent 453 600 entreprises. Dans celles-ci, environ trois salariés sur quatre détiennent des avoirs sur leur plan, pour un montant moyen de 17 700 euros selon l’AFG. Ce chiffre moyen donne un ordre de grandeur, utile pour situer son propre plan par rapport à l’ensemble des titulaires.
Pour un salarié, ces repères rappellent qu’un plan d’entreprise mêle des sommes encore immobilisées et d’autres déjà libérées, ce qui se vérifie directement sur son relevé. Les mécanismes de base sont détaillés dans notre article pourquoi penser à l’épargne salariale.
Le PER collectif pour toutes les entreprises de plus de 10 salariés
Forte de ces résultats, l’AFG défend une extension du PER collectif : elle souhaite le rendre systématique dans toutes les entreprises comptant plus de 10 salariés. L’organisation y voit un moyen pour chaque salarié d’accumuler, au fil de sa carrière, un capital venant s’ajouter à sa pension issue du régime par répartition. Il s’agit à ce stade d’une proposition portée par la profession, pas d’une mesure adoptée.
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