Hériter à 66 ans en moyenne : les notaires veulent alléger de moitié les droits sur les donations
Réunis à Lille, les notaires jugent cet âge trop tardif pour investir et proposent de ramener à la moitié les taxes sur les donations, aujourd’hui comprises entre 5 % et 20%.
En bref
- Me Gilles Bonnet situe à 66 ans l’âge moyen pour hériter en France, un âge qu’il juge souvent trop tardif pour investir.
- Les notaires proposent de diviser par deux les taxes sur les donations, aujourd’hui comprises entre 5 % et 20 %.
- La première donation intervient en moyenne à 64 ans et 3 mois, pour environ 286 000 euros.
- Plus de 60 % des successions ne donnent lieu à aucun paiement de droits.
Recevoir un héritage arrive souvent à l’âge où l’on prépare sa retraite plutôt qu’un premier achat immobilier. Le constat vient de Me Gilles Bonnet, notaire à Paris, qui préside le 122e Congrès des notaires de France, tenu à Lille du 30 septembre au 2 octobre. Interrogé par Le Dauphiné libéré, il situe à 66 ans l’âge moyen pour hériter en France et juge cet âge souvent trop tardif pour investir ou se lancer dans un vaste projet immobilier.
Un héritier qui pense d’abord à ses propres enfants
Le notaire décrit un réflexe récurrent dans les études. Dans la très grande majorité des cas, la personne qui vient de recevoir une succession demande comment transmettre à son tour, tout de suite et non à son décès.
Le congrès doit formuler 21 propositions pour réformer notamment le droit des successions et celui des donations. Bertrand Savouré, président du Conseil supérieur du notariat (CSN), rappelle que les notaires établissent 95 % des déclarations de succession en France.
Ce que disent les chiffres de la transmission
Une étude du CSN, parue la semaine précédant l’entretien, replace les donations dans les parcours familiaux : l’héritage reçu au décès n’en est qu’une partie.

Ce dernier point s’explique notamment par les abattements et exonérations en vigueur, rappellent les notaires. Les chiffres sur les donations proviennent des études notariales qui ont répondu à l’enquête.
| Estimation du patrimoine transmissible entre 2025 et 2040 | Montant |
|---|---|
| Étude du CSN | environ 6 200 milliards d’euros |
| Certains autres travaux | jusqu’à 9 000 milliards d’euros |
Le CSN insiste lui-même sur la difficulté de mesurer ce phénomène avec précision.
Diviser par deux la taxe sur les donations
La mesure phare des notaires concerne les droits de donation, fixés aujourd’hui entre 5 % et 20 % selon l’âge et la valeur transmise. Ils proposent de les ramener à la moitié pour dynamiser la transmission et accélérer la solidarité entre générations. Il s’agit d’un objectif affiché : l’effet réel d’une telle baisse sur l’investissement ou les projets immobiliers n’est pas démontré, et aucun calendrier d’adoption n’est annoncé. Me Bonnet précise : « Il n’est absolument pas question pour nous de prendre position sur la répartition du patrimoine en France. »
Il se montre prudent sur l’ampleur de la « grande transmission ». Selon lui, en évaluer le montant global est très difficile, car des facteurs démographiques, économiques, juridiques, financiers et affectifs s’y mêlent. Il y voit une « vue de l’esprit ».
Les notaires, repères pour la fiscalité et l’immobilier
Pour qui prépare une transmission de capital à ses proches ou un achat, ces données du CSN situent le poids de la profession :
- en 2024, les notaires ont collecté 36,15 milliards d’euros d’impôts ;
- l’impôt sur la plus-value est recouvré à 100 % depuis que la tâche leur revient, contre à peine 40 % auparavant ;
- au 31 décembre 2025, 17 536 notaires exerçaient dans 7 424 offices, avec 55 259 collaborateurs ;
- en 2025, 5,13 millions d’actes ont été établis, dont 950 999 ventes de logements anciens.
Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Kampus Production. Licence Pexels.